Qui croirait que Saint-Gervais est un village perché? C’est en arrivant par le Nord qu’on le découvre. A 200 mètres du Roubion, le bourg médiéval apparaît, blotti sur le flanc d’une butte, et ceinturé de remparts.
 
Tout en haut se dresse le clocher de l’église, proche du château.
 
Au bas du village, la route passe près d’une des portes fortifiées. On peut discerner sur les murailles des vestiges de créneaux et les trous de hourds
 
Au sommet de la côte, le visiteur pénètre sur la place du village. Nous sommes dans St Gervais «hors les murs». A l’angle de la place, une fontaine carrée monumentale a été construite au-dessus du puits commun, qui fut pendant des siècles le principal point d’eau du village Deux rues partent de la place pour rejoindre le centre ancien.
 
La plus étroite, à droite du bar «Le Provençal» était la principale artère du village, sans doute une rue commerçante, bordée d’échoppes car on y découvre des encadrements de portes d’artisans et des vestiges d’anciennes enseignes.
 
L’autre rue, plus large, passe devant la mairie, les écoles et une fontaine actuellement tarie. Elle conduit à la place du Parterre, qui fut la cour intérieure du château.
 
Au bout de la place, devant l’église, un muret permet de contempler la plaine de Marsanne et les collines environnantes.
 
Le château fut propriété de la famille Moreton de Chabrillan à partir de 1595. C’est une vaste bâtisse, profondément remaniée au cours des siècles. Son aile la plus ancienne, d’époque Renaissance s’étire le long de la place du Parterre. Malgré les récents travaux, la façade est encore remarquable par sa majesté. Quelques éléments ont été préservés: de grandes fenêtres à meneaux à l’extrémité du bâtiment, un balcon d’honneur au-dessus d’une porte monumentale, une tête sculptée, sur un linteau de porte, un pilier de la porte d’entrée de la cour, en pierres de taille. L’autre partie du château est plus récente (18ème siècle). Elle borde la place de l’horloge.
 
Près de l’horloge, une belle porte fortifiée surmontée de mâchicoulis permet l’accès au vieux village. Ruelles étroites, passages couverts, c’est toute une ambiance médiévale que l’on y découvre. Juste après la porte, les murs de la chapelle du château, avec oculus et fenêtres étroites. Plus loin, l’arrière du château, avec fenêtres à meneaux, oculus et arcades.
 
L’église a été construite au 19e siècle à l’emplacement d’une remise du château. Un étroit passage a été ménagé entre l’église et le château pour permettre l’accès à la place du Parterre. Traversons la place de la Confrérie, suivons la rue des Remparts. Ces derniers sont ici cachés par les maisons qui y sont accolées.
 
On arrive à la troisième porte du village, dite porte Saint Claude, en raison de sa proximité avec l’église du même nom. Les murs de l’église sont encore présents, et l’église a été convertie en maison d’habitation. Franchissons la porte Saint Claude. La campagne s’offre à la vue. A nos pieds, le canal du moulin qui alimentait le moulin à grains et à huile du seigneur. Le moulin est désormais une maison soigneusement restaurée.
 
Plus loin, le Roubion étire sa ramière. Jusqu’au 18ème siècle, son lit frôlait les murs du village et ses crues destructrices étaient une constante préoccupation pour la communauté.
 
Faisons demi-tour, rejoignons à gauche la voie appelée «chemin de ronde». Jusqu’au 17ème siècle, c’était une ruelle étroite. Au fil des siècles, toutes les maisons bordant la rue, du côté de la pente, se sont effondrées. Aujourd’hui, un muret a été construit à la place de leur façade, le sol de la rue a été décapé et a retrouvé son aspect d’antan, pavé de galets... On peut rejoindre au midi le village plus actuel, en habitat dispersé, et poursuivre la visite en empruntant l’un des deux sentiers de randonnée.